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Communiqués de presse de Jean-Marie LE PEN

M. Jean-Marie Le Pen

Hémicycle du Parlement européen de Strasbourg

Le mercredi 16 juin 2010 vers 12:00

 

 

  Monsieur le Président, Madame la Haute-Représentante,

 

  Je me félicite de la nouvelle dynamique induite par le lancement du "partenariat pour la modernisation" et de son pragmatisme. Ce nouveau partenariat, s'il ne servait qu'à cela, aurait au moins le mérite de souligner à quel point la Russie est un partenaire stratégique et incontournable pour l'Union européenne. Je me félicite également des propos positifs sur la coopération avec la Russie en matière de gestion de crise.

  Quelques remarques cependant : alors que les exigences de l'UE sont toujours mises en avant, les intérêts ou les positions de son partenaire semblent systématiquement sous-évaluées ou dédaignées, qu'il s'agisse du domaine de l'énergie ou de la manière dont elle peut analyser le partenariat oriental et les aspirations atlantistes de ses plus proches voisins.

  Je remarque également que la fermeté dont font preuve la plupart des Etats membres et l'UE dans leur discours, la virulence des condamnations des violations des droits de l'Homme semblent réservées à la seule Russie. Les propos sont plus policés et les diplomaties plus feutrées quand il s'agit de la Chine, de ses violations systématiques de l'Etat de droit. Ne serait-ce qu'au sujet des laogaïs de cette usine mondiale au regard des exigences sociales minimales européennes quand nos travailleurs français ou européens sont au chômage.

  Permettez que je vous rappelle à cette citation : "Ad Augusta per Augusta " Vers les sommets par des chemins étroits", car c'est ainsi que je considère les efforts de la Russie d'aujourd'hui, délivrée du poison criminel marxiste qui pendant tant de décennies aura saigné et enfermé ce pays. L'actuelle confédération russe aura su relever la tête d'une Nation toute entière malgré les difficultés et les défis importants qui lui reste à relever. Alors un peu de modestie Mesdames, Messieurs les européistes... Surtout quand le super Etat européen lui n'atteint aucun de ces beaux objectifs malgré des moyens de plus en plus importants et la domination progressive des Etats d'Europe occidentale et d'Europe centrale et orientale.

  Je ne peux pas non plus m'empêcher de me rappeler que cette assemblée avait vis-à-vis de l'Union soviétique et communiste beaucoup plus d'indulgence que pour la Russie. Ce sont d'ailleurs souvent les mêmes qui hier, militaient pour le désarmement unilatéral de l'Occident, et pour la participation à la maison commune de M. Gorbatchev, qui éprouvent aujourd'hui les plus vertueuses indignations et les plus grandes pudeurs envers le partenariat UE-Russie.

  A ce sujet je dois vous informer, si vous ne l'êtes pas encore, de faits historiques nouveaux qui vont apparaître du fait de la traduction progressive des archives secrètes soviétiques qu'un courageux Monsieur Pavel Stroilov aura su se procurer. Archives qui ont déjà donné et donneront encore bien de désagréables surprises aux caciques de la pensée unique quant à la réalité de la fin de la guerre froide, de qui était réellement M. Gorbatchev et de la forfaiture des puissants européistes d'aujourd'hui qui voulaient alors avec enthousiasme rendre possible certains projets de l'URSS et de ses alliés.

  Au risque de me répéter, la Russie est un partenaire essentiel et stratégique pour les Etats européens et nos relations doivent être renforcées au bénéfice de toutes les parties. Ce pays est bien plus proche de nous, en termes de culture, de civilisation, d'histoire et de géographie, d'intérêts mutuels ou communs que ne le sont certains Etats que vous vous apprêtez pourtant à faire adhérer à l'Union Européenne.

 

 

   REFORME DES COLLECTIVITES PUBLIQUES LOCALES

 

Jean-Marie Le Pen Président du Front National A Monsieur François Fillon Premier Ministre

 

  Monsieur le Premier Ministre,

 

  Vous avez bien voulu me demander les suggestions du Front National en ce qui concerne le mode de scrutin des collectivités locales. J’ai l’honneur de vous prier de bien vouloir les trouver ci-après :

  I MODE DE SCRUTIN

 

Le mode de désignation des élus n’est pas une question secondaire, puisqu’il conditionne la représentation des courants d’opinion au sein des collectivités, et par là, l’égalité des citoyens dans la participation aux choix publics, en un mot : la démocratie véritable.

A tous égards, il conviendrait de revenir au mode de scrutin de 1986, clair, simple, aisément compréhensible : le scrutin proportionnel à un tour.

  En effet, le mode de scrutin actuel est d’une complexité qui ne peut être comprise par la majorité des citoyens. Il est de surcroît parfaitement injuste : une formation peut être complètement éliminée, en ayant obtenu plus de voix qu’une autre, qui serait, elle, représentée par plusieurs conseillers.

C’est ce qui s’est passé dans la moitié des régions de France, par l’effet de ce mode de scrutin adopté pour 2004, qui permet au Parti socialiste de prendre au second tour sur ses listes Ecologistes, Communistes, et autres candidats d’extrême-gauche, dès lors qu’ils ont franchi la barre des 5%, mais qui contraint une formation indépendante comme la nôtre à en obtenir le double pour être présente sous ses propres couleurs !

Comme j’ai eu l’occasion de le dire avec M. Gollnisch, Place Beauvau avant son adoption à M. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et  l’année dernière encore à MM. Hortefeux et Marleix lorsqu’ils nous ont reçus, cette réforme, entrée en vigueur en 2004, primitivement destinée à faire disparaître le Front National, a surtout « réussi » à assurer la défaite de l’UMP dans presque toutes les régions de France, cette fois-ci comme il y a six ans.

  Vous voulez un mode de scrutin clair, simple, juste, aisément compris, assurant dans les Assemblées le respect de tous les courants d’opinion, du contradictoire inhérent au principe du débat vraiment démocratique, comme le rappelait en 1993 le Conseil constitutionnel, selon lequel l’un des buts du mode de scrutin doit être de permettre la représentation de tous les courants politique d’une certaine importance ?

Alors, divisez le Code électoral par quatre, en adoptant le même principe simple dans toutes les Assemblées politiques : le suffrage proportionnel à un tour dans les Conseils municipaux des communes de plus de mille habitants, les Conseils des départements, des Régions, l’Assemblée Nationale, sur la base de circonscriptions départementales identiques pour ces trois Assemblées, et, sur listes nationales, pour le Parlement Européen.

  Vous voulez éviter les candidatures fantaisistes ? Fixez à 3% le seuil de représentation, et n’allez pas au-delà, car même les minorités doivent pouvoir se faire entendre. Quand la contestation ne s’exprime pas dans les assemblées, elle tend à se faire entendre dans la rue.

  Vous voulez fusionner certaines élections, théoriquement pour faire des économies ? Il suffit de décider que le premier quart ou le premier tiers des élus de chaque liste dans les Conseils départementaux constitue le Conseil régional, exactement comme, lors des élections municipales, le premier tiers des élus d’arrondissement de Paris Lyon et Marseille constitue le Conseil municipal. Vous pouvez, si vous le souhaitez vraiment, étendre ce mécanisme simple aux collectivités de communes, dont les membres seraient la première fraction élue aux Conseils municipaux de chacune des agglomérations les composant.

  En instaurant la proportionnelle à tous les échelons : Communes, Départements, Régions, Etat, renoncez aussi à l’inepte prime en sièges accordée à la liste arrivée en tête, sièges qui ne correspondent à aucun suffrage des électeurs, et qui permet à vos adversaires de régner sans partage sur presque toutes les Régions de France, alors qu’avec la proportionnelle intégrale à un tour vous eussiez disposé de majorités relatives dans plus de la moitié de ces mêmes Régions.

  Vous craignez qu’il n’en résulte je ne sais quelle instabilité ? Mais d’abord les élections législatives britanniques viennent de démontrer que le scrutin de circonscription majoritaire à un tour, qui paraît avoir vos faveurs, ne dégage pas nécessairement de majorité stable. En outre, il existe depuis longtemps, dans l’arsenal des institutions, d’autres garanties bien plus efficaces ! C’est la « motion de défiance constructive » à l’Allemande, ou l’ancien « 49-3 » régional, qui a parfaitement fonctionné en France durant la période 1998-2004 : Posez en principe qu’un exécutif (Maire et adjoints d’une commune, Présidents et Vice-Présidents d’un Conseil départemental ou régional, le Gouvernement face à l’Assemblée régionale) peut engager sa responsabilité sur tout texte, y compris le budget, où il craindrait de ne pas avoir de majorité. Texte qui sera réputé adopté si la majorité de l’Assemblée ne se met pas d’accord sur un texte différent et sur le nom du remplaçant du chef de l’exécutif en question : Maire de la Commune, Président du conseil départemental ou régional, Premier Ministre. Vous avez là, l’expérience l’a montré, une garantie plus que suffisante contre la prétendue « instabilité » à laquelle conduirait le scrutin proportionnel. Et la possibilité de gérer et gouverner, même pour un exécutif ne disposant que d’une majorité relative.

  Mais vous aurez aussi et surtout par ailleurs des débats ouverts, des amendements, des négociations, au lieu du chèque en blanc donné une fois pour toutes et sur tous les sujets pour cinq ou six ans à une seule formation.

J’ai coutume de dire que l’on ne fait pas la queue devant un cinéma où l’on ne passe pas de film. Nos tristes Assemblées sont aujourd’hui ces cinémas vides, que les électeurs désertent à chaque occasion.

Redonnez-leur la parole ; donnez audience et légitimité politique à toutes leurs sensibilités, écoutez toutes leurs souffrances, faites place à l’expression de toutes leurs aspirations. C’est plus long, c’est plus difficile, mais vous les verrez revenir. Cela s’appelle la démocratie.

 

Subsidiairement

Si vous voulez insister davantage sur l’enracinement des Conseillers départementaux, il est possible de les faire élire au scrutin proportionnel mais au niveau de l’arrondissement (au lieu de la circonscription départementale). Une fois élus, les Conseils départementaux désignent en leur sein, au scrutin proportionnel, ceux des leurs qui siègeront à la Région.

 

Plus subsidiairement encore.

Si vous tenez absolument –ce qui est votre projet- à faire élire une part des Conseillers départementaux au scrutin uninominal à un tour dans de nouveaux cantons agrandis et en nombre réduit de moitié, je vous suggère de fixer cette part à 50% de l’effectif total, l’autre étant élue le même jour au scrutin de liste proportionnel départemental. Une fois élus, les Conseils départementaux désignent en leur sein, au scrutin proportionnel, ceux des leurs qui siègent au niveau régional.

 

 

II COMPETENCES

  Je souhaiterais saisir cette occasion, M. le Premier Ministre, pour vous faire part d’autres observations sur le fonctionnement des institutions régionales, constats vérifiés par l’expérience déjà longue de nos élus dans les Conseils régionaux, et que j’ai eu l’occasion de porter à la connaissance de M. Balladur et de la commission qu’il présidait :

  Pour beaucoup de Français, la décentralisation est un tour de bonneteau, par lequel les responsables de la politique nationale cherchent à évacuer certaines de leurs responsabilités :

  D’abord, en se défaussant sur les régions de compétences qu’ils n’assument plus, sans pour autant renoncer aux sommes prélevées par l’impôt :

J’ai le privilège (?) d’avoir été élu dans cette assemblée dès 1986. Les dépenses, la fiscalité, la dette ont décuplé sans que l’on en perçoive toujours les avantages.

  Et cela n’a pas cessé depuis : gaspillages, clientélisme, et aussi compétences nouvelles héritées d’un Etat en voie de décomposition : Lycées de type « Pailleron » ou autres. T « E » R, trains pourris qui n’ont plus d’ « Express » que le nom. Coût social & urbain de l’immigration rebaptisé  « DSQ » « Développement social (sic !) des quartiers », puis : « Politique de la Ville ». Universités transformées trop souvent en Parkings à chômeurs. Anciennes routes nationales « transférées » aux départements et qu’il a même été question un moment de rendre payantes. Après-demain : personnes âgées dépendantes, comme celles laissées à l’abandon au cours de l’été 2003.

 

D’une part, les Collectivités locales, et en particulier les Régions, n’ont pas vocation à être les syndics de faillite  de l’Etat. D’autre part, l’évolution insupportable de la fiscalité locale doit être contenue. Dans nombre de régions, on peut affirmer qu’en monnaie constante les dépenses et la fiscalité ont décuplé. La dette, elle, a été multipliée par 20.

La puissance publique et ses démembrements sociaux ou fiscaux dépensent 57 % de ce que produisent les Français. Ce n'est plus supportable.

 

La dérive des régions est telle que l'on pourrait s'interroger sur la légitimité de leur existence qui fait de la France un pays suradministré par rapport aux autres pays développés de taille moyenne.

A titre d’exemple le Japon, dont le territoire est moins large que le nôtre, beaucoup plus étiré et morcelé, a des besoins administratifs comparables sur le plan de la géographie, mais plus du double des nôtres si l'on tient compte de ses 127 millions d'habitants.

Or,  il a 4 fois moins de communes, 2 fois moins de départements. Il ignore les communautés urbaines (les départements métropolitains en tiennent lieu). Il ne connaît pas l'échelon régional. Il a deux fois moins de ministres, cent députés de moins, cent sénateurs de moins, 2 fois moins de fonctionnaires. Est-il pour autant un pays plus mal géré ? Non ! Y rencontre-t-on plus de sans-abri ? Non ! La sécurité y est-elle moins bien assurée ? D'évidence, non !

 

Faut-il donc jeter les Régions avec l'eau du bain de fiscalisme dans lequel elles sont plongées ?

Si l'on veut malgré tout les garder, alors il est urgent de les réformer, et vous nous permettrez à ce sujet d'esquisser notre contribution.

Selon le Front National, en effet, les Régions devraient redevenir enfin ce qu'elles auraient dû être dès l’origine.

Elles devraient perdre leur compétence générale, facteur de chevauchement, de gaspillages, de confusion, d'irresponsabilité, pour ne conserver qu'un nombre limité mais précis de compétences d'attribution.

  A titre d’exemple, dans le domaine de l'enseignement, nous suggérons que les Régions abandonnent la charge des lycées, qui ne posent pas de problèmes fondamentalement distincts de ceux des collèges, pour lesquels les départements avaient déjà mis en place les structures nécessaires.

  En revanche, de toutes les collectivités locales, c'est la région qui est à notre avis l'interlocuteur naturel des universités, de l'enseignement postscolaire, de la recherche, à la condition que dans ce dernier domaine on ne se contente pas de décalquer passivement le C.N.R.S.

La formation professionnelle peut être une compétence intéressante si on l'exerce avec réalisme, mais, elle devrait être considérablement allégée s’il n’était plus nécessaire de combler certaines lacunes de l'Éducation Nationale tant dans la formation générale que dans la formation professionnelle.

  Comme les autres collectivités publiques, les Régions, vivant de leurs ressources, ne devraient pas avoir besoin de mendier auprès de Bruxelles la rétrocession sous forme de manne d'une petite partie de ce que Bruxelles a prélevé à la France. Et par voie de conséquence, elles n'auront plus besoin d'entretenir de coûteuses ambassades comme le font aujourd'hui pratiquement toutes les régions de France.

  Il n'est pas illégitime que les Régions aident des organismes consulaires à faire la promotion de leurs produits ; en revanche, au travers de la coopération internationale, que d'occasions de tourisme stérile et corrupteur, que d'occasions aussi de destruction sournoise de l'identité nationale.

Un exemple parmi beaucoup d’autres : il y a quelques années, la Région Rhône-Alpes ayant créé avec la Catalogne, la Lombardie et le Bade-Wurtemberg une association pompeusement baptisée "les 4 Moteurs pour l'Europe", le responsable de l'exécutif, vice-président chargé des lycées, conclut un protocole sur l'Éducation signé avec ses homologues, dans lequel il s'autoproclamait ministre de l'Éducation de Rhône-Alpes. Rien de ceci n'est innocent…

Nous le savons, l’évacuation par l’Etat de ses responsabilités, que j’évoquais plus haut, se fait aussi au profit du thème en apparence si séduisant de « l’Europe des Régions », qui livre au bon vouloir de l’Eurocratie, 150 collectivités territoriales infiniment plus malléables que ne le sont les Nations.

Car tout concourt aujourd’hui à faire de la Région un instrument au service du démembrement de l’Etat :

-La « régionalisation » du mode de scrutin auparavant départemental ;

-La permission qui leur est donnée de s’affranchir de la loi nationale ;

-La faculté qu’elles se sont octroyé en matière de relations internationales ;

-La suppression du cadre national pour les élections européennes.

  Dans le domaine de l'aménagement du territoire, les Régions devraient perdre le pouvoir qu'elles ont de pratiquer leur coûteux saupoudrage, construction d'une salle polyvalente ou d'une maison de pays d'ici, installation d'un golf ou d'une piscine par là, pavage d'une place, construction d'un mur d'escalade, etc.

Ceci pose d’ailleurs le problème de la politique dite « de la ville », dont il faut bien constater l’échec.

  Ainsi libérées, ainsi allégées, les Régions pourront s'occuper avec prudence des grands équipements nécessaires au progrès de l'économie, des infrastructures publiques, de ce que dans l’inimitable jargon politico-administratif à la mode, on appelle des "équipements structurants" : routes, gares, ports de commerce, aéroports, etc.

  Au sujet des transports, les régions peuvent exercer certaines responsabilités en matière d'investissements, mais ne doivent pas être mises à contribution, sans transferts de ressources, pour combler le déficit de fonctionnement la SNCF. Serait-ce au prix de la vanité consistant à apposer les logos de la région sur les wagons.

Si l'État et la SNCF ne veulent plus assumer la charge de certaines lignes considérées désormais comme purement locales, la solution n'est pas de se défausser sur les Régions, mais de concéder l'exploitation à des entrepreneurs privés comme cela a fort bien réussi en Bretagne !

 

  III RESSOURCES

 

Dans cette perspective de clarification, il est également utile pour les citoyens de pouvoir identifier clairement celui ou ceux qui utilisent l'impôt.

Au lieu de l'enchevêtrement actuel, chaque type de fiscalité devrait être attribué à une collectivité et à une seule, en rapport, si possible, avec les compétences qu’elle exerce.

 

Il y a en effet aujourd'hui, trois masses globales dans la fiscalité locale :

  1° La fiscalité terrienne : taxe foncière, taxe d'habitation.

  2° La fiscalité qui pèse sur l'entreprise.

  3° La fiscalité qui pèse sur l'automobile : carte grise, taxe sur les permis de conduire, etc...

  Au lieu que Commune, Département, Région se servent n'importe comment, picorant ici, dévorant là, chacune pourrait se voir doter de l'un de ces 3 types de ressources et d'un seul, afin que les citoyens sachent exactement qui fait quoi, qui dépense quoi, qui augmente quoi, et, osons le dire, qui gaspille quoi !

  On pourrait envisager de tendre par exemple à réserver la fiscalité foncière aux communes, la fiscalité économique aux départements, la fiscalité de « mobilité », augmentée d’une part de la TIPP et des redevances portuaires ou aéroportuaires aux Régions.

  On devrait pouvoir également discuter de l'abrogation du principe abusif qui, au nom de l’autonomie des collectivités locales consacrée par l’article 72 de la Constitution, permet à ces collectivités locales de fixer d'abord leur train de vie, et ensuite, par répartition, de tondre le troupeau des contribuables, voire de l'écorcher ou de le dépecer.

  Encore un mot, Monsieur le Premier Ministre, sur un sujet récurrent : celui des parrainages de l’élection présidentielle.

  C’est un problème dont les analyses critiques sont très largement partagées mais la réforme toujours reportée d’élection en élection.

  A deux ans de l’échéance de 2012, il est grand temps de porter remède à un système qui voit se réduire comme peau de chagrin la participation des parrains.

  Ce parrainage, en effet, bien que n’étant pas politique, expose les élus et surtout les maires à la critique et même aux représailles de certains groupes politiques.

  C’est pourquoi il faut supprimer la publication des noms des parrains de chaque candidat. Un collège de six magistrats (issus de la Cour de cassation ou du Conseil d’Etat, par exemple) pourrait être chargé du contrôle et de la publication des chiffres des signatures obtenues par les candidats, en gardant confidentiels le nom des parrains.

  Telles sont, Monsieur le Premier Ministre, les suggestions que je suis heureux de vous faire au nom du mouvement que je préside. Je reste à votre disposition, ainsi que nos vice-présidents exécutifs M. & Mme Bruno Gollnisch et Marine Le Pen pour nous en entretenir avec vous ou avec les personnes en charge de cet important dossier, en vue de l’intérêt général.

  Je vous prie, Monsieur le Premier Ministre, de bien vouloir agréer l’expression de ma haute considération,

 

 Jean-Marie Le Pen

 

 



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